+352.621.377.968 contact@celine-domecq.com

L’ implicite, parlons-en ! Est-ce que vous savez de quoi je veux parler ? Avez-vous réussi à lire entre ces quelques lignes pour en déduire le contenu ? Non ? Je sais, je joue volontairement avec les mots. Tout simplement parce que dans la relation amoureuse, le langage implicite est une forme très largement employée. Dans la communication de couple, cet implicite est, selon moi, responsable de nombreuses situations malheureuses. Passons-les en revue. (et sans non-dits !)

L’implicite, c’est quoi ?

En communication, l’implicite regroupe toutes les informations et tous les messages qui sont sous-entendus, subtils ou à peine suggérés. Dans un couple, le conjoint qui utilise l’implicite, suppose que son partenaire va déduire par lui-même, à partir de divers indices donnés çà et là, ce qu’il pense, ce qu’il ressent, ce qu’il faut faire. C’est une lecture entre les lignes, sans exprimer directement (explicitement) les émotions, les besoins, et les envies. L’usage de l’implicite est amplifié par la gêne, la pudeur, et la non-identification de nos propres besoins, envies, sentiments, etc.

L’implicite rend malheureux en amour

Quel est votre état d’esprit lorsque l’un de vos besoins est inassouvi ?
Comment vous sentez-vous lorsque votre partenaire ne comprend pas vos émotions ?
Combien de fois vous êtes-vous dit depuis votre rencontre que toute de même, votre femme ou votre mari aurait dû comprendre cette situation ?
Face à ces questions, j’aimerais vous en poser une autre : Avez-vous exprimé toutes ces notions à votre conjoint ? Avez-vous communiqué vos différents messages ? Est-ce que votre conjoint devrait, selon vous, les deviner, les supposer, les déduire ?  Nicolas Boileau-Despréaux disait : « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément ». Ce que m’inspire cette citation est que dans toute relation, qu’elle soit amoureuse, amicale, formelle ou informelle, professionnelle ou de toute autre nature, nous ne sommes pas très doués pour les jeux de devinettes. Certains d’entre nous, plus empathiques, possèdent cette capacité de se mettre à la place des autres et donc d’accéder à plus de compréhension de l’autre. Cependant, cette propension n’est pas donnée à tout le monde. De ce fait, beaucoup d’entre nous sont déçus et malheureux parce qu’en retour de ce que nous pensons exprimer, nous ne recevons pas ce que nous avions imaginé recevoir. Cependant, l’avons-nous réellement exprimé ? J’ai tendance à conseiller de fuir l’implicite : pour moi, dans beaucoup de cas, ce langage implicite, non-dit, va rendre malheureux les deux amoureux : celui qui l’utilise et celui qui le reçoit sans le comprendre. Ce langage génère énormément de frustrations.

Nos besoins doivent être explicites

Les besoins humains selon la pyramide de Maslow

Dans la vie, il existe plusieurs types de besoins, le psychologue américain Abraham Maslow les décrit avec sa pyramide éponyme : les besoins vitaux encore appelés besoins physiologiques, les besoins de sécurité, les besoins d’amour, les besoins d’estime de soi et les besoins de se réaliser. Parmi les besoins vitaux, indispensables donc à la survie, on retrouve  « manger » « pouvoir respirer » « boire » « dormir » etc. Tous ces besoins vitaux, nous les exprimons sans souci, et cela, dès notre naissance. J’ai faim j’ai froid j’ai soif je suis fatigué etc. etc. votre conjoint connaît l’état de vos besoins vitaux. Il sait que si vous avez soif, si vous avez faim, vous allez soit les assouvir soit les exprimer. Mais qu’en est-il de vos besoins d’amour, de vos besoins d’estime de soi et de votre besoin de vous réaliser ? Sont-ils explicites ? Pour vous d’abord pour votre entourage ensuite.

Le bonheur d’exprimer ses besoins

Nous accédons au bonheur lorsque nos besoins, ceux que nous considérons importants sur le moment, sont satisfaits. À l’inverse, lorsque ces mêmes besoins demeurent inassouvis, nous avons tendance à nous sentir malheureux, tristes, incomplets même, etc. Lorsque vous êtes dans cet état, malheureux, vous êtes-vous déjà demandé quel était votre besoin non assouvi ? Si vous avez déjà identifié, avez-vous exprimé le résultat à votre partenaire ? Avez-vous partagé avec l’être aimé ce dont vous avez besoin ?

Le besoin de se réaliser : être heureux en couple, c’est aussi ça ! 

Pour rendre cette situation plus concrète, je vais vous expliquer la relation entre Peter et Marie. Peter et Marie sont venus me voir, car il connaissait une phase de tension énorme dans leur vie conjugale. Marie était sur les nerfs en permanence, ce qui compliquait leurs échanges. Peter ne comprenait pas pourquoi. Au fil des séances, Marie a exprimé qu’elle se sentait inutile. Peter lui répondait qu’elle était très utile au couple et indispensable à la vie de famille : elle s’occupait des enfants, elle s’occupait de la maison…. Lorsque Marie a fait la moue face à cette réponse, sans exprimer plus son ressenti, Peter a plongé davantage dans l’incompréhension. Selon lui, c’était un compliment..  Marie a alors exprimé que c’était pour elle-même qu’elle se sentait inutile. Ils s’étaient rencontrés lors du début de leurs études, rapidement, elle était tombée enceinte. Ils avaient décidé alors de fonder leur famille. C’était un choix commun, c’était un choix qui répondait à leurs besoins du moment et à leurs envies du moment. Marie avait arrêté ses études et à ce moment-là, c’était sincèrement son choix. Elle ne s’était pas sentie forcée, contrainte de le faire. Cependant, les années passant, son besoin de se réaliser professionnellement est devenu de plus en plus fort. Seulement, elle n’arrivait pas à mettre des mots dessus. Au fil des séances en individuel, elle a réussi à identifier ses besoins. D’un commun accord, nous avons arrêté le suivi à ce moment-là. Quelques mois après, elle est revenue me voir : elle se sentait toujours malheureuse. Il est apparu au fil des séances qu’elle n’avait pas réussi à rendre à son besoin explicite pour Peter. Depuis, c’est chose faite, et Marie a repris ses études ! Tout comme moi, nous nous croisons d’ailleurs sur le campus régulièrement ! La réalisation de soi est l’un des besoins humains qui demeure le plus souvent implicite et non-exprimé, pensez-y ! 

Exprimer nos émotions : ne pas laisser notre partenaire les supposer

Je suis énervée, ça se voit, non ! Êtes-vous sûre que ça se voit autant ? Sur quelle base pouvez-vous dire que ça se voit ? Nous n’avons, pas tous, la même grille de lecture des émotions sur les autres. Certains d’entre nous semblent accéder aux émotions des autres, comme un livre ouvert.
D’autres, à l’inverse, ne comprennent que ce qui va être clairement énoncé, explicitement exprimé, avec des mots simples, précis, sans aucun sous-entendu. Vous êtes-vous déjà demandé comment votre conjoint lit – il vos émotions ? Vous êtes-vous déjà demandé si les émotions qu’il reçoit sont réellement celles que vous ressentez ?
Je constate, jour après jour, qu’un grand nombre de situations malheureuses en couple proviennent de là : nous sommes persuadés que notre mari ou notre femme a compris notre émotion. Le plus souvent sans même l’avoir énoncé, prononcé, voire identifié ! Sont-ils devins ? Non ! Ni médium, ni voyant ! Comment la personne en face de nous, et ce, même si cette personne partage notre vie et notre quotidien depuis des mois voire des années, peut-elle  « gérer » et comprendre notre émotion si au fond, nous-mêmes, ne sommes pas capable de sortir de l’implicite et d’exprimer de manière claire ce qui se trame au fond de nous ?

Dire ‘je t aime’, même si je suis taiseux

Une étude européenne a porté sur le fait de se dire je t’aime. Il a été montré que le temps moyen pour se dire je t’aime se situe autour de cinq mois. 150 jours pour se dire je t’aime. Je t’aime n’est pas le mot, n’est pas l’expression la plus facile à dire… Pour certains, c’est très très compliqué, pour d’autres c’est naturel. Bien entendu, parvenir à dire je t’aime vient aussi de notre éducation . Combien de fois l’avons-nous entendu ? Est-ce que c’était facile pour nos parents de nous le dire ? C’est aussi le fruit de notre histoire personnelle avec l’amour.. Si vous l’avez dit à plusieurs partenaires et que les relations se sont mal terminées, il se peut que vous soyez réticent à l’avouer de nouveau.
Cette expression »avouer son amour » est assez particulière, je trouve. Qu’en pensez-vous ? Il n’y a rien à avouer …Ce n’est pas criminel d’aimer ! Est-ce qu’il y a un bon moment pour dire je t’aime ? Pour exprimer notre amour ?
Quant aux couples que je reçois au cabinet, lorsque je leur demande quelle est la dernière fois où vous lui avait dit je t’aime, je me rends compte que pour la plupart du temps, les conjoints ne sont pas capables de me répondre… Ils sont gênés… Ou bien alors l’un des deux partenaires va m’exprimer, souvent avec colère, que de toute façon il n’y a que lui ou elle qui le dit.
Je ne sais pas si vous avez entendu cette chanson qui passe sur les ondes depuis quelques mois (il me semble que c’est une chanson d’Amel Bent) qui dit « fatiguée d’être la seule à dire je t’aime« . Je trouve que ces paroles résument parfaitement la situation des couples d’aujourd’hui : le partenaire ressent cet amour, mais son expression reste implicite, il ne le dit pas, il demeure taiseux… Sa compagne en souffre….
Apprenez à exprimer vos sentiments, apprenez à dire que cette personne est importante pour vous… Revenez à l’explicite et à la communication …

La sexualité, passer de l’implicite à la communication de vos désirs

Au lit aussi, l’implicite est de mise ! Le tabou autour de la sexualité et du désir est encore très fort au sein de nos sociétés. Dans ce cas-là, l’usage de l’implicite passe essentiellement par nos gestes et nos mots. Je vous propose de vous poser un instant et de procéder à un épisode d’introspection. Replongez-vous dans un de vos derniers moments intimes. Êtes-vous parvenus à identifier vos désirs et vos envies ? Les avez-vous exprimés ? Comment ? Par des gestes ? Par des mots ? Ces gestes et ces mots étaient-ils directs ou emplis de tabous et de sous-entendus ? Pensez-vous que votre partenaire a compris ce que vous souhaitiez lui dire ? Si oui, parfait, bravo ! Si non, que pensez-vous qu’il serait judicieux de modifier ? « Vous exprimer plus précisément » vous paraît-il possible pour vous d’abord , pour votre conjoint ou conjointe ensuite ?

Dans cet article, je vous ai expliqué pourquoi, selon moi, l’implicite empêche d’être heureux en couple lorsque celui-ci est utilisé en première instance et sans plan annexe de communication. Quel est l’état de la communication dans votre couple ? Pensez-vous que la modifier vous permettrait d’accéder au bonheur ensemble ?

 Si être heureuse en couple est au cœur de vos préoccupations, je vous invite à découvrir l’accompagnement spécifique que je propose en cliquant  ici pour accéder au webinaire.

À très bientôt,

Céline Domecq

Partagez l'article