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Dans l’article précédent, La communication dans le couple : un réel défi pour beaucoup d’entre nous, je vous parlais des différents enjeux de l’art de communiquer au sein du couple. Je vous expliquais les défis que communiquer englobe. Bien qu’aucune école n’apprenne comment discuter avec son partenaire, il est important d’instaurer un dialogue mêlant une écoute attentive et un discours précis. Il est nécessaire d’avoir des demandes claires envers notre conjoint.e. Le plus souvent, ce n’est pas sans difficulté ! En effet, un de nos travers au sein de la relation amoureuse est d’attendre énormément de l’autre, chose que nous ne faisons quasiment pas lors d’un échange avec nos amis. Vous aussi, vous avez tendance lorsque vous initiez la conversation à avoir en tête la trame exacte de ce que votre mari (ou femme) doit dire ou ne doit absolument pas dire ? Avouons que cette attitude mène à la dispute quasiment à chaque fois… Une autre de nos mauvaises habitudes est de nous lancer dans un échange sans faire attention si le moment choisi est réellement opportun. Or, le moment est également source de problèmes de communication. Pour aller plus loin aujourd’hui, je vous partage d’autres points qui sont, à mon sens, essentiels voire indispensables. Ils permettent  d’ améliorer, de développer et prendre conscience de tout ce qu’il se passe lors d’une phase de communication dans le couple. Il s’agit de l’état intérieur de chacun des partenaires lors des discussions.

 

Je ne suis pas responsable de ce que mon mari comprend, ressent, imagine…ou ma femme….

 

Bien communiquer, voilà tout un programme ! Dans notre monde actuel, dans certaines sociétés, la volonté consciente ou inconsciente de faire culpabiliser l’autre (c’est à dire son interlocuteur) est un schéma très présent, quotidien, voire même naturel. Est-ce-ça mieux communiquer ? Exprimer son ressenti, oser dire ses émotions qu’elles soient négatives ou positives, oui bien entendu ! Mais que ce soit avec votre langage corporel (soupir, etc) ou au moyen de la communication verbale, nous avons tendance à vouloir rendre responsable l’autre de ce qui se passe en nous.

Prenons l’exemple d’ un échange avec votre conjoint.e où vous lui dites: “Ah, qu’est ce que TU m’énerves quand TU laisses tout trainer”… Finalement, cette façon de communiquer avec votre conjoint.e, rejoint très facilement celle que nous pouvons avoir avec les enfants “TU m’agaces”. L’usage du tu tue, n’est-ce-pas ? Continuons d’aller plus loin : vous êtes vous déjà questionné.e sur la manière avec laquelle vos parents ou vos enseignants vous parlaient lorsque vous étiez petit.e ? Ce temps d’introspection – même s’il est rapide – apporte très souvent son lot de réponses intéressantes. Vous reconnaissez-vous dans l’une ou l’autre de ces attitudes ? 

En approfondissant cet aspect, nous nous rendons compte que les phrases du type “Tu m’agaces”, signifient le plus souvent “TU ES RESPONSABLE de mon état interne qui est l’agacement” et “Tu m’énerve” va simplement dire “TU ES RESPONSABLE de mon état interne qui est l’énervement”. Vous pensez sans doute que je joue sur les mots. Mais la notion de responsabilité a, dans le cas présent, une place prépondérante. Le cerveau de l’interlocuteur aidé par le ton de la voix employé et les mots choisis se place dans un état d’esprit de coupable et de responsable de la situation. La teneur de la discussion qui s’en suivra sera à l’image de ce décodage : houleux, attaqué et vindicatif ! Le cerveau reptilien, donc animal et défensif, de votre partenaire se met immédiatement en route (et je vous assure : ce n’est pas un moteur diesel, ce type de cerveau démarre au quart de tour dès qu’il se sent attaqué ou donné responsable … à tort selon lui… ).

 

    Rendre l’autre responsable de mon état interne : une habitude de communication à conserver ou à proscrire? 

    Rendre l’autre responsable de mon état interne, tel est le constat de notre mode de communication actuel et pourtant est-ce que l’autre est vraiment responsable de cet état interne ? Ou est-ce notre manière d’extérioriser notre état de mal-être du moment ? À l’instar d’un enfant qui s’il est blessé parce qu’il n’a pas eu ce qu’il désirait le plus à cet instant précis dira ” tu es méchant“. Mais l’enfant n’a pas encore la maturité cérébrale de maîtriser sa réponse en exprimant plus en détail son besoin ou sa déception : ” Je suis très déçu“. C’est une attitude finalement très culpabilisante de rendre l’autre responsable de ce que je ressens, n’est-ce pas ? N’avez-vous pas tendance à culpabiliser lorsqu’on vous dit “tu me fais pleurer…” ? L’effet ne sera pas le même sur vous si je vous dis ” ce que j’entends me rend très triste“, vous ne trouvez pas ? 

    Pause exercice : Je vous invite à prendre déjà une petite pause dans la lecture, quelques secondes en repensant à votre dernier échange avec votre conjoint.e. Était-il/elle VRAIMENT responsable de votre état interne ? 

    Spontanément, vous allez sûrement me répondre oui, et je vous comprends bien. À nouveau, nous avons vécu et avons été élevés dans cet univers où l’autre est nommé responsable de ce que nous ressentons. Si je transpose cela dans d’autres situations du quotidien, en fait si on part de ce principe ” l’autre est responsable de ce que je vis et de ce que je ressens”,  l’autre décide totalement de votre vie… À partir du moment où en face de vous, la personne peut “jouer” avec votre état intérieur alors vous n’avez plus aucun pouvoir sur vous. Vous et vos émotions devenez sa marionnette puisque c’est lui le responsable selon ce raisonnement. Non, me direz-vous !! Hors de question ! Pourtant, en rendant l’autre responsable de votre état intérieur, c’est la réalité de ce mode de fonctionnement ! Si je nomme  l’autre comme responsable de mon état intérieur, alors je lui donne tout le pouvoir sur ma personneFace à cette situation, vous pourriez bien ressentir que non ! Pas tout le temps quand même… Ou, peut-être qu’une prise de conscience va s’amorcer… Si la solution était qu’en réalité l’autre n’est pas réellement responsable de votre état intérieur ?

    Bien communiquer dans le couple : prendre du recul sur son état intérieur

    Prendre du recul, c’est tout simplement admettre que l’autre n’est donc pas responsable de votre état intérieur, vous avez la pleine responsabilité de vos ressentis. C’est bien pour cela qu’un jour, vous pourriez tout simplement être très zen lorsque votre partenaire rentre plus tard que prévu alors que la veille vous avez pété un plomb !  Un même comportement pour 2 états intérieurs différents. 

    Revenons à notre communication et ce qu’il se passe dans le couple. Lorsque vous avez envie de partager votre état intérieur (ce qui je vous encourage pleinement à entreprendre au quotidien), je vous invite à reprendre l’entièreté de votre état intérieur. La qualité de l’échange qui suivra sera alors sans pareille ! Vous n’êtes plus dans le reproche ou dans la volonté consciente ou inconsciente de faire culpabiliser l’autre.

    “Oui, je me sens agacé quand tu ne ranges pas tes affaires”. Ce n’est pas du tout le même état de communication que “tu m’agaces“, votre mari ou votre femme ne se sentira plus attaqué.e et sera disposé.e à vous écouter sereinement. Le dialogue conduira, ainsi, vers des prises de conscience et de décisions plus efficaces : “je vois que le rangement de la maison est important pour toi pour te sentir bien, je vais faire attention à ne pas laisser tout traîner”.  

    Faut-il ne rien dire de peur de blesser l’autre ? 

    Je vois très régulièrement ce genre de situation en cabinet, où l’on hésite à parler d’un sujet par peur de blesser l’autre, de le rendre triste… Si vous vous reconnaissez dans cette attitude, il est nécessaire de commencer par prendre, comme expliqué plus haut, un peu de recul sur ces peurs que vous pourriez avoir. 

    Au début, cela ne sera pas forcément simple. Si vous souhaitez aussi faire passer un message à votre conjoint.e, alors pensez dans le sens inverse. Vous ne pouvez pas être responsable aussi de ce qu’il va ressentir face à votre message.C’est un vrai processus de libération que de reprendre la responsabilité de nos ressentis et de laisser la responsabilité à l’autre de ses ressentis. 

    La communication va être vraiment apaisée, différente, et même renforcée en comprenant tout ce qui est mis en place dans notre communication de couple et tous les impacts.

    Cet article vous a fait réfléchir ? Vous vous sentez responsable de votre propre état intérieur ? Ou plutôt tendance à faire culpabiliser votre partenaire ? Je vous invite à me partager vos réflexions en commentaire.

    En attendant, je vous invite à découvrir les 3 étapes pour améliorer votre relation amoureuse….

    À très bientôt,

    Céline Domecq

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