+352.621.377.968 contact@celine-domecq.com

Le cercle des reproches : pourquoi votre cerveau passe en mode survie

Imaginez cette scène : vous rentrez chez vous avec l’envie sincère de passer un bon moment, et puis, une petite phrase, un détail, et l’atmosphère change.

En une fraction de seconde, un mur s’élève et une solitude brutale s’installe alors que vous êtes dans la même pièce.

Après 15 ans d’accompagnement, je peux vous dire une chose : le problème de votre couple n’est presque jamais le contenu de vos reproches (argent, éducation, téléphone).

Tout cela n’est que la surface d’un mécanisme biologique bien plus profond.

Quand votre amygdale prend les commandes

Savez-vous que votre cerveau ne fait aucune différence entre une menace de mort physique et une menace de déconnexion émotionnelle avec votre partenaire ?

Dès que vous percevez une critique ou un regard fuyant, votre amygdale s’active et libère du cortisol et de l’adrénaline.

Vous basculez en mode « Combat ou Fuite ».

À cet instant, votre néocortex — la partie du cerveau qui réfléchit et communique calmement — est littéralement débranché.

En mode survie, on ne peut plus aimer ; on ne peut qu’attaquer ou fuir.

Le reproche : un cri de détresse déguisé

Pourquoi attaquons-nous violemment ceux que nous aimons ? Parce que, comme l’expliquait John Bowlby, le reproche est souvent une « colère d’espoir ».

C’est une tentative désespérée de rétablir le contact avec une figure d’attachement que l’on sent s’éloigner.

Derrière la phrase « Tu es encore sur ton téléphone », il y a une question vitale : « Est-ce que j’ai encore de la valeur à tes yeux ? ».

Malheureusement, nous exprimons nos besoins de tendresse sous forme de critiques, ce qui fait fuir précisément la personne dont nous voulons nous rapprocher.

La danse du Poursuivant et du Retrait

Dans 80 % des couples que j’accompagne, je retrouve la même chorégraphie : le cycle Poursuite / Retrait.

  • Le Poursuivant : Pour lui, le silence est une petite mort. Il hausse le ton et multiplie les reproches pour obtenir une réaction, un signe de vie.
  • Le Retrait : Face à la tension, son système nerveux sature (le « Flooding »). Son rythme cardiaque s’emballe et il s’emmure dans le silence pour se protéger et éviter que tout ne se détruise davantage.

Le drame est là : la solution de l’un est le problème de l’autre.

Plus le poursuivant panique, plus le retrait s’éloigne.

Comment briser le cercle ?

La bonne volonté ne suffit pas toujours car votre biologie prend le dessus avant même que vous n’ayez une pensée consciente.

Pour transformer cette dynamique, il faut changer la conscience que l’on a de soi dans la relation.

Vous n’avez pas besoin que l’autre change pour commencer à modifier la machine.

En comprenant vos propres déclencheurs et en osant montrer votre vulnérabilité, vous permettez à l’autre de reposer son bouclier.

Il est également crucial de surveiller votre « compte d’épargne émotionnelle » : il faut environ 7 attentions positives pour compenser une seule critique et éviter la faillite du lien.

 

Partagez l'article